Libre pensée - Une envie, un songe, un rêve...
 

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Mercredi 31 octobre 2007
La Fin



    C'est fait, je suis seul. Par delà les fleuves et les montagnes, à des lieux et des lieux de chez moi, j'ai fini par trouver la solitude. Là-bas, j'aperçois des arbres qui se profilent, lointains, dans le soleil couchant. Plus proche il n'en reste qu'un : celui contre lequel je me suis adossé, assis dans l'herbe. Dire qu'il n'y a pas un son serait mentir. Le bruissement des feuilles dans le vent, le murmure de la brise, tout cela je l'entends. Mais jamais encore je n'ai connu une telle paix. Je fixe le soleil couchant, encore et toujours, et il finit par disparaître complètement. Je ne le remarque pas, plongé dans les pensées qui m'agitent. Il m'a fallu tout ce chemin pour enfin trouver paysage qui s'accorderait à mon humeur ; loin des hommes, loin même de tout ce qui rappelle la race humaine : bâtiments, routes, véhicules, lignes électriques... Peu se seraient doutés qu'un tel lieu existe encore. Et pourtant le voici. Mais je cesse de penser à ce qui m'a amené là. Je sais qui je suis, je sais d'où je viens, et j'essaye d'oublier cela.

    Il n'y a aucune raison particulière à mon exil temporaire, si ce n'est une question qui sans cesse me tourmente, sans cesse domine mes moindres pensées. Pourquoi ? Pourquoi se lever le matin ? Pour aller travailler. Oui, mais pourquoi travailler ? Pour gagner de l'argent. Pourquoi gagner de l'argent ? Pour pouvoir survivre. Pourquoi survivre ? Je ne sais pas. Paradoxalement, la seule fin possible à la vie est la mort. Puisque cela doit arriver, pourquoi le plus tard possible ? Pour faire l'expérience de tout. Pourquoi faire l'expérience de tout ? Parce que c'est intéressant. Et pourquoi est-ce intéressant ? Je ne sais pas.

    Peu à peu la nuit avance ; les étoiles apparaissent, plus scintillantes que je n'ai jamais pu les voir. Je peux presque sentir les picottements de leur clarté sur ma peau. C'est ma dernière nuit ici, sur Terre, et je n'aurai pu en connaître de meilleure. Clin d'oeil du hasard, de la providence peut-être, la lune est pleine. Pleine de mes pensées, pleine des mes rêves, pleine de reconnaissance pour cette nature qui m'a accueillie, m'a vu grandir, et va finir par me reprendre. C'est étrange, je n'aurai jamais songé que la fin viendrait ainsi, ni quelle sérénité cela m'apporterait. Je pense à mes proches, à ceux que j'ai laissés là-bas, près de la ville, ceux à qui je ne pourrai plus parler. Mes parents, mon frère, mes amis... Ils comprendront, je l'espère sincèrement. J'aurais pu leur dire tant de choses, partager tant de joies supplémentaires, mais mon âme ne regrette rien : nulle amertume ne viendra troubler mon dernier voyage. Jamais encore je n'avais ressenti cet état d'osmose avec tout ce qui m'entoure ; je profite pleinement de la moindre sensation, du moindre souvenir. Il fallait en arriver là pour comprendre tant de choses, ou tout simplement comprendre qu'il est inutile de chercher à les comprendre.

    Lentement, mes pensées continuent à dériver, accomplissant sans que je ne l'aie décidé un bilan de ma vie, comme pour mieux l'oublier ensuite. La dernière, l'ultime épreuve m'attends ; ils m'attendent. Enfin le soleil se lève, un soleil pâle de fin du monde. Peut-être est-ce là un dernier hommage ? Qui saît... Doucement je me relève, sans ressentir la moindre courbature ni la moindre fatigue. Le vent s'est levé et le bruissement des branches de l'arbre qui m'a soutenu toute la nuit rythme mon parcours, d'un rythme solennel. Je marche, et chacun de mes pas me rapproche du but, de ma destinée, de la ville. Je rentre pour mieux partir, comme je me suis souvenu pour mieux oublier. Là réside tout le paradoxe de ma vie.


    J'atteins rapidemment une première route, qui me ramène peu à peu chez les hommes. La matinée est bien avancée quand je dépasse la première maison. Il semble n'y avoir personne, la plupart des gens doivent travailler. Je suis désormais loin de tout ça, loin de toutes ces choses si insignifiantes, et pourtant si présentes dans nos vies. Je reconnais ma rue, et la dépasse sans même songer à m'y engager, sans même y attacher la moindre importance. Mon chemin me rapproche du centre du village, mais je ne suis plus seul. Partout autour de moi, des gens sortent, marchent lentement avec moi, respectueusement et sans un mot. Ils savent, comme moi-même je sais, et je les connais tous, comme eux-même me connaissent, mais nous continuons dans le silence, sans un salut, sans rien d'autre. La procession prend bientôt une ampleur que je n'aurai jamais imaginée, il y a là rassemblée bien plus que la totalité des habitants du village qui m'a vu naître. Je suis une partie du Tout, et eux-tous forment une partie de moi-même, de ma vie. Ils s'arrêtent bientôt, mais moi je continue, et pénètre dans l'Eglise.

    Certains auraient pensé qu'en une telle occasion je me serai assis au premier rang, mais contre toute attente, je reste debout tout au fond, immobile, attentif à la moindre parole, au moindre chant, à la moindre prière... Là-bas devant parmi les visages connus, trois me sautent aux yeux : mes parents et mon frère sont là, enlacés comme si une tornade allait les emporter, comme si relâcher leur étreinte allait les précipiter dans l'oubli ou le désespoir le plus complet. Partout dans l'église, je retrouve ce même spectacle, seul témoin de ces yeux pleins de détresse et de colère, paradoxalement le seul à avoir réussi à prendre du recul devant tout ça, devant cette nouvelle, ce drame... De la cérémonie en elle-même, je n'arrive à saisir que quelques mots, émouvants, autant d'appels déchirants pour l'âme, ponctués de sanglots, de gémissements. Tout me semble cependant si lointain, si incohérent, si détaché de mon état d'esprit...

    Maintenant les deux cloches carillonent, de plus en plus décalées ; elles annoncent à chacun de nous la promiscuité de l'apothéose finale, du dernier adieu. Alors lentement, tous se lèvent et quittent l'église, reformant la longue procession avec les gens qui n'avaient pu rentrer, afin de se rendre dans le dernier lieu que je verrai jamais. Le pas est lent, cérémonieux, parfois laborieux dans la douleur. Au passage, j'aperçois sur un panneau, qui, comme un dernier hommage, ou même un clin d'oeil divin adresse ces deux mots gravés dans le bois à ceux qui ont encore la force de lever les yeux : Carpe Diem... Mais le chemin n'est pas long, et nous voilà arrivés. Nous passons l'un après l'autre l'arche qui marque l'entrée, et nous approchons de la grande croix. A nouveau, ils s'arrêtent, et je fais de même. Nous y sommes. Seuls quelques sanglots et quelques respirations difficiles viennent troubler le silence qui nous entoure désormais. Une larme perle sur ma joue droite, non pas de désespoir comme de nombreuses autres larmes alentours, mais de communion, de remerciement... Alors je sais ce qu'il me reste à faire.

    Doucement, indifférent à la foule devant moi, j'avance, tout droit, et les yeux fixés sur la grande croix centrale. A chacun de mes pas, la larme tombe un peu plus bas, passe sur mes lèvres, descends sur mon menton, et enfin, alors que je suis face à mon but, elle tombe, plus scintillante que jamais, achève sa course sur d'autres lèvres qui n'en sont pas vraiment d'autres. Là devant moi se trouve celui qui m'a accompagné toute ma vie ici-bas, et qui désormais ne pourra plus me suivre là où je vais. Doucement, je me prépare à l'ultime aventure qui vaut encore la peine d'être vécue, et, abandonnant là tous ces êtres tristes, je m'envole, libre et confiant, me retournant simplement afin mémoriser une dernière fois l'image de tous ces gens rassemblés autour de mon cercueil.

par Quadehar publié dans : Récits
Mardi 30 octobre 2007
Prisonniers


    Des jours que je suis là, debout, en ligne à côté des autres ! Ceux-ci sont d’ailleurs manifestement là depuis bien plus longtemps que moi. Il ne nous est même pas possible de nous allonger, car nos geôliers accourent aussitôt et nous forcent à nous relever, n’hésitant pas à nous bousculer.

    Nous ne tenons plus que grâce au mur dans notre dos, ainsi qu’en nous appuyant les uns sur les autres. Cela nous permet de réduire la douleur, mais lorsque l’un de nous s’effondre, par manque de force, il entraîne la plupart d’entre nous dans sa chute par la même occasion, et nos gardiens sont obligés de nous aider à nous redresser. Nous ne sommes pas capables de le faire seuls.

    Bon sang, mais qu’avons-nous fait ? Pourquoi sommes-nous dans ce lieu ? Certes, mon père était un Résistant, mais je n’ai fait que diffuser ses idées ! Est-ce un crime ? Apparemment oui, car tous ceux qui sont à mes côtés ont contribué à informer les gens sur l’Histoire.

    Parfois, il arrive que plusieurs d’entre nous soient emmenés, pour une durée plus ou moins longue. Certains sont reconduits en piteux états, d’autres ne reviennent jamais. Rares sont ceux qui réapparaissent sans avoir été malmenés.

    Pour nos détenteurs, nous ne sommes plus que des matricules, identifiés par les numéros qu’on nous a gravés sur le côté. Désormais, je ne suis plus connu que sous le nom de 1085 – 58 – 1320.
À tous moments, nos geôliers nous passent en revue, en nous détaillant de leur regard froid et distant, comme s’ils cherchaient à percer nos secrets.
    Il arrive que dans un accès de sadisme, l’un d’entre eux saisisse un de mes compagnons, l’obligeant à pivoter pour mieux le contempler, avant de l’éjecter sans aucune délicatesse vers nous.

    En face de nous, d’autres subissent le même calvaire que nous. D’après les quelques mots que nous avons pu échanger avec eux dès que la pièce se retrouvait vide de gardes, ceux-ci ont eu le malheur de rire. Ils sont plus souvent emmenés que nous, et reviennent généralement salement amochés, pour ceux qui reviennent. À croire que ceux qui nous maintiennent prisonniers répriment sévèrement la joie.

    J’en suis là de mes réflexions, quand soudain, la main d’un garde me saisit et m’attire hors du groupe. Il ne me jette même pas un regard, se contentant de fixer notre destination. Je la vois, maintenant, une grande table gigantesque, destinée à un usage mystérieux.
    Arrivé là, il me fait m’allonger sur celle-ci, et je ne peux m’empêcher de laisser percer un soupir d’aise, après ces quelques semaines debout. Une femme s’approche de moi, m’observe attentivement, puis relève mon numéro, qu’elle reporte sur un clavier. Une fois cela fait, elle fixe l’écran, puis annonce à l’homme, avec un léger sourire :

    « Excellent choix ! C’est un classique de la littérature historique. Combien de temps désirez-vous l’emprunter ? »

par Quadehar publié dans : Récits
Dimanche 28 octobre 2007

Chapitre I


    Le vent glacial balayait depuis l’aurore les rues de la ville encore désertes en ces heures matinales. L’aube grisâtre formait un étrange contraste avec les couleurs alentour. La plupart des volets étaient clos, garantissant aux habitants encore quelques heures de doux sommeil, ou bien d’intenses cauchemars pour les plus angoissés.
    C’est dans ce décor peu rassurant que progressait Kyle d’un pas rapide. Il était manifestement là contre sa volonté et aurait aisément aimé rester dans la chaleur de son habitat. Mais son maître, Tobias, l’avait de nouveau envoyé en mission et il n’avait eu d’autre choix que de s’y rendre.
    Cette fois, c’était à la bordure de la ville qu’il l’avait expédié, à plus de trois heures de marche. Il n’avait pour le moment parcouru que la moitié du trajet, mais déjà, ses jambes lui exprimaient leur envie de repos.
    Jusqu’ici, il avait eu de la chance, mais il risquait à tout moment de rencontrer un détrousseur, ou autres malandrins qui pullulaient les premières heures du matin. Heureusement, il n’avait rien sur lui qui pût justifier une attaque, et son apparence était assez désastreuse pour le faire savoir aux possibles embusqués.

    Deux heures plus tard, il arriva sans encombre à la bordure de la ville. Ses pieds criaient grâce, alors que ses jambes s’étaient tues depuis longtemps, trop endolories pour que la douleur perce encore. Ses heures de sommeil manquées ressortaient malheureusement, et son esprit avait perdu de sa lucidité. C’est donc avec un air quelque peu hagard que Kyle chercha son chemin, sous le regard embrumé des quelques villageois déjà réveillés.
    Enfin, il trouva le but de son cheminement, une vieille auberge à moitié délavée. Il vérifia trois fois le nom sur l’enseigne, car celle-ci était tellement détériorée qu’une fois son inscription déchiffrée, on doutait encore de ce que l’on venait d’y décrypter. Mais la vieille bâtisse était bien la « Taverne du Pin ».
    Il poussa la porte d’un geste hésitant et pénétra dans le bâtiment. Kyle s’aperçut que son maître avait dit vrai quand il avait précisé que l’auberge ne fermait jamais vraiment. En effet, dispersés dans celle-ci, trois ou quatre ivrognes cuvaient leur cuite de la veille en ronflant bruyamment. La patronne était occupée à servir un homme dissimulé dans l’ombre qui lui jeta un vague regard lorsqu’il entra, avant de reporter son attention sur la maîtresse des lieux.
    Il s’avança vers le comptoir où un serveur à l’air amorphe essuyait un verre crasseux à l’aide d’un chiffon qui l’était tout autant.

— Excusez-moi, je souhaiterais rencontrer Mr Kalert. On m’a dit qu’il logeait ici.

    Le serveur se tourna vers lui avec circonspection et le jaugea un instant du regard, avant de répondre d’une voix glaciale, tout en désignant une porte à sa gauche :

— Premier Etage, troisième porte à droite. Bonne chance !

    Habitué à ce genre de situation, Kyle ne releva pas les dernières paroles du barman. Après tout, les individus que son maître lui faisait rencontrer ne se révélaient que très rarement fréquentables. D’un pas confiant, il gagna l’escalier qu’il grimpa rapidement. Arrivé dans un couloir obscur, il continua sa progression, passant devant cinq portes situées successivement à gauche et à droite avant d’atteindre la bonne. Avançant sa main, il assena trois coups sur le vantail.  
    Un raclement de chaise se fit entendre. Une clef tinta dans la serrure, puis la porte coulissa sur ses gonds, laissant place à un homme moyennement âgé au visage ciré et à la barbe mi-longue inexplicablement frisée. Ce dernier détail aurait pu rendre l’individu ridicule, s’il n’y avait eu cette lueur effrayante dans son regard, sans doute accentuée par les cernes soulignant ses yeux.

— Que veux-tu ? Je ne te connais pas. Qui es-tu ?

    Et voila que cela recommençait ! Mais Kyle avait l’habitude. Il répondit d’une voix posée :

— Je viens de la part de Tobias. Vous avez quelque chose lui appartenant et qu’il désire avoir en sa possession le plus vite possible. Un livre, pour être exact.

    L’homme perdit soudain son air arrogant et sembla prendre peur. Sans un mot, il se retourna et partit d’une démarche rapide dans son salon, et revint avec l’objet qu’il devait rapporter. C’était un vieux livre, un peu poussiéreux, et d’apparence anonyme. Il aurait tout aussi bien pu traiter d’agriculture que de démonologie. Et pour tout dire, Kyle ne préférait pas en connaître davantage. De plus, son maître, par il ne savait quel moyen, parvenait toujours à savoir s’il avait ouvert un document qu’il était chargé de quérir. C’est donc sans même en lire le titre qu’il prit l’ouvrage et le rangea dans une sacoche porté à cette fin.
    Avant qu’il ne puisse prononcer un seul mot, l’homme lui avait déjà claqué la porte au nez, dans la plus extrême impolitesse. Il ne s’en formalisa pas, et repartit pour le long trajet du retour, ses jambes toujours aussi endolories.


par Quadehar publié dans : Récits
Dimanche 28 octobre 2007

Introduction


    Ce fut le crépitement des flammes qui le réveilla. Encore ensommeillé, il découvrit l’horreur alentour sans pour autant y croire. Il referma les yeux, et les rouvrit quelques secondes plus tard. Voyant qu’il n’avait pas rêvé, il sortit en sursaut de son lit. Sa maison était en flammes ! Il constata également qu’il était habillé, signe qu’il s’était encore endormi en faisant ses exercices d’algèbre. Son cahier, renversé à côté du lit, lui confirma cette constatation.

    Repensant soudainement à sa situation critique, il attrapa instinctivement sa sacoche, cherchant à y mettre le plus d’affaires possible. Puis, il sortit précipitamment de la chambre. Où étaient donc ses parents ? Il se précipita dans leur chambre, devant éviter une partie du mur déjà enflammée. Le spectacle qui parvint à ses pupilles le figea d’horreur. Là, devant lui, le lit parental achevait de se consumer, dégageant une horrible, qui ne pouvait avoir sa source que dans la combustion d’un corps humain. Ou de deux.

    Horrifié, il courut comme dans un rêve, descendant les escaliers pour finir par sortir par une fenêtre, car la porte était elle-même dévorée par le feu.

    Arrivé à l’air libre, il se rendit compte que toutes les maisons de son village natal subissaient le même supplice. Toutes les chaumières alentours étaient la proie des flammes, qui, dans des crépitements sinistres, achevaient tranquillement de détruire le décors de son enfance.

    Il n’eut pas le courage d’en supporter davantage et baissa le regard devant le désastre. Un éclat attira son attention. Une bague. Il se baissa, espérant que celle-ci était celle de son défunt père. Mais ce n’était pas la chevalière finement ciselée qu’il adorait. Sans réfléchir davantage, il la mit dans sa poche et courut se réfugier dans la forêt qui débutait à deux cents mètres de là, hors d’atteinte de la fournaise.

    Puis, il sombra dans la béatitude d’une inconscience dépourvue de rêve. Son corps, maintenant privé de volonté, amorça le début d’une chute. Une main le rattrapa.

    - Allons mon enfant, il vaut mieux pour toi que tu ne te rappelles de rien. Dors, et laisse ce souvenir de côté. Oublie…


par Quadehar publié dans : Récits
Samedi 27 octobre 2007

Dur ! Dur !


Nous voila confinées, mes sœurs et moi, dans ce qui m’a l’air d’être une sombre et étroite pièce parallélépipédique. Soudain, la pièce tremble, et se met en mouvement. Ce doit être une armoire, ou un caisson, trouvé hâtivement pour nous séquestrer jusqu’à notre mort.

Car nous allons mourir ! Mes sœurs et moi sommes si jeunes, et déjà, la Grande Faucheuse va venir nous chercher. Pourtant, peu de monde nous détestait parmi les civils normaux. Ils nous côtoient d’ailleurs souvent, presque chaque jour. Seul le ministère nous avait jugées gênantes et avait mis en place une intense propagande dans le but de limiter notre action.

Le plus drôle était que nous allions mourir de la main d’un homme qui nous aimait, qui tenait à nous. Certainement était-il devenu fanatique. Et suicidaire, puisque notre seule mort entraînerait inévitablement la sienne, à long terme.

Je repense à nos débuts, quand nous devions débarquer clandestinement d’un continent à l’autre, quand seuls les puissants et les mieux informés avaient eu vent de notre existence. En ce temps là, nous étions jeunes, et pas encore très belles. Mais au cours du temps, nous sommes devenues très célèbres, et nous n’avions plus besoin de nous cacher pour changer de pays.

Mais bon sang, que leur avons-nous fait ? Ce sont eux qui nous ont mises au monde, et qui veulent maintenant nous exterminer. C’est putatif, si l’on y pense bien. Mais nous ne quitterons pas cette Terre sans emporter le plus grand nombre d’hommes avec nous.

Dire que dans très peu de temps, ma vie va s’arrêter, partir en fumée, que le vent dispersera tranquillement. Avec un peu de chance, mes sœurs partiront avant moi, et quand viendra mon tour, quelqu’un arrêtera ce massacre. Je ne m’en veux même pas d’avoir cette pensée. À vrai dire, nous n’avons pas vécu assez longtemps pour qu’un lien de fraternité se crée entre nous.

Soudain, l’armoire s’ouvre brièvement. Cette soudaine lumière, après l’obscurité prolongée m’éblouit, et je n’arrive pas à savoir où l’on m’a transporté. Déjà, la porte s’est refermée. Pas besoin de compter pour savoir qu’une de mes sœurs est absente. Le compte à rebours a commencé.

Trente minutes plus tard, la porte s’ouvre de nouveau rapidement, dans une atroce odeur de fumée. La porte est de nouveau fermée, mais je sais maintenant de quelle manière je vais mourir. La combustion. La pire manière de mourir pour moi, qui déteste le feu.

Je ne sais pas combien sont déjà parties. J’ai arrêté de compter le temps depuis un bon moment déjà. Soudain, je sens qu’on m’attrape, qu’on m’entraîne, inévitablement.

Je sens qu’on m’embrasse doucement. C’est donc bien un fanatique. Quelle triste fin ! Tuée par un fan ! Mais déjà, le feu s’empare de moi par le bas, me dévore lentement. Je hurle, mais personne ne m’entend. La douleur est atroce. Je brûle !

Et comme une malédiction, j’entends, juste avant de mourir, le slogan principal de nos opposants :

« Fumer tue ! »

par Quadehar publié dans : Récits
Vendredi 18 mai 2007

C'est reparti pour une nouvelle fournée, peut-être moins drôle que la précédente, faut dire qu'il s'agissait des pires profs, donc là, forcément, le niveau est dur à battre ^^




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    Mr Dama est sans aucun doute le plus ponctuel des professeurs d'allemands, et même des professeurs tout court. Réglé comme une horloge, il part toujours de chez lui à l'heure exact où son cours commence, pas une seconde plus tôt, pas une seconde plus tard. Bravo Mr Dama ! Seul hic : il habite à 15 minutes du lycée...

    En dehors de ça, Mr Dama est un professeur très fainéant. Un exemple ? Bien sûr que j'en ai un ! Vous savez tous aussi bien que moi que les lunettes, c'est extrémement lourd à porter... Et bien pour réduire la charge, Mr Dama ne garde qu'une branche à ses lunettes et laisse l'autre chez lui ! Bravo Mr Dama !

    Il s'agit d'un professeur qui saît se faire respecter sans problème... Son "c'est pas bientôt fini tout ce vacarme ?" restera longtemps dans l'histoire... Jamais il ne se laissera faire par des troubles-fête, et imposera sa volonté à tous sans répit... Hein Victor ? Bravo Mr Dama !



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    Mme Laboul n'était pour ainsi dire pas à la hauteur de son travail... et ce, au sens propre du terme ! Avec son mètre cinquante, même le plus petit des élèves la dépassait de bien 5 centimètres. Cela ne l'empêchait toutefois pas d'assurer avec brio ses cours de SES, matière qu'elle adorait par dessus tout. Certains prétendent qu'elle fut autrefois décidée à devenir professeur après avoir compris qu'une fois les élèves assis, ils étaient moins grands qu'elle... Quel soulagement !
    Je sais, j'insiste particulièrement sur sa taille, mais il serait vraiment petit de sa part qu'elle ne me pardonne pas ces quelques jeux de mot douteux... Imaginez qu'elle les prenne de haut !

    Mme Laboul adore étoffer son cours par des anecdotes très amusantes et rafraichissantes... enfin... faudra juste m'indiquer le rapport entre le sac à roulettes de sa fille et le fordisme...
Moi mauvaise langue ? C'est "naine" pas vrai !
    On notera aussi les 2/3 des salariés, qui correspond pour elle à 75%... Il faut dire que sur le coup elle n'a pas été à la hauteur de nos attentes ! Il semble également que Mme Laboul traverse une période hautement (1m55 !) exaspérante, où elle n'hésite pas à interrompre le cour pour s'en prendre aux élèves... Surement un conflexe d'infériorité... Le pire, c'est que quand on a fait le pari avec son voisin de se taire pendant 20 minutes de cour, c'est un peu galère pour répondre à ses provocations ^^'
par Quadehar publié dans : My life
Dimanche 29 avril 2007

Un loup se terre dans chaque âme,




Opprimé qu'il est par la suprématie du coeur,
Et pourtant, lui seul saît qu'il n'y a pas plus grand plaisir

Que d'hurler à la lune un soir de printemps...




Cependant, dites moi...


Avez-vous déjà vu la lune lui répondre ?
Vendredi 27 avril 2007



Un démon n'est qu'un ange au coeur arraché...
Un démon n'est qu'un ange égaré dans les ténèbres...
Un démon n'est qu'un ange prisonnier de ses illusions...
Un démon n'est qu'un ange déchu...


*******************


Il est un être qui de là-haut me surveille,
Maître du ciel mais aussi patron des enfers,
Un ange aux cornes pointues, aux sabots de fer,
Un démon orné d'une auréole vermeille...


*******************


"Depuis quatre mille ans il sombrait dans l'abîme,
(...) Seul et derrière lui dans les nuits éternelles,
Tombaient plus lentement les plumes de ses ailes..."
Victor Hugo


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Et si malgré tout ça il existe des anges,
Et si en enfer il subsiste des démons,
C'est qu'entre douce folie et sombre raison,
L'être humain se permet encore des louanges.
Lundi 16 avril 2007

Corse, l'île de beauté...
Soleil, plage et drague en sont les activités officielles...



Un esclave maure aurait préparé un complot contre le Roi d'Aragon. Un jeune Corse aurait alors déjoué ce complot et ramené comme preuve la tête de l'esclave dans un drap blanc. Le Roi d'Aragon aurait alors déclaré :
« Ce drap sera désormais le drapeau de ton pays. »



Une semaine en Corse histoire de bien bronzer...

9 mecs pour seulement 3 filles... On va dire 8, parce que franchement, je vous les laisse ^^.

Canyoning, catamaran, tennis, plage, bronzage, un petit ciné, piscine, poker, ping-pong, bref, pas beaucoup d'activités ^^

Pressage d'orange, un sport méconnu dont je suis le champion. Record personnel : 2h non stop.

Canyoning inoubliable... Hein Ludo ? ^^ Bon, mauvais souvenir pour certain, super souvenir pour moi ^^ On y retourne ?

Eau à 6 C° ? Aucun problème, j'arrive !!!

Bizzare, on y reçoit du courrier même quand personne ne connaît l'adresse !?! Tiens, le cachet de la poste est bien imité... Mais oui je l'ai ouverte cette lettre !

On regrettera que Robin ait eu peur de se jeter à l'eau (au sens propre comme au figuré)... Et pis mince, j'ai même pas pu envoyer de cartes postales...

Bref, que du bonheur...
par Quadehar publié dans : My life
Mercredi 28 mars 2007

Vous aussi, vous êtes certainement déjà tombé sur des profs ridicules, ou simplement étranges... Pourquoi donc ne pas en faire profiter les autres ? Voici donc pour vous une caricature à peine exagérée de quelques specimens qui m'ont été attribués cette année ^^ D'autres viendront...

(Les noms ont été modifiés pour des raisons évidentes...)



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Mr Guelern, professeur de physique chimie, n’avait pas cette autorité naturelle qui permet habituellement aux gens de sa profession de se faire respecter par ses élèves. De plus, il faut bien avouer que sa tenue vestimentaire laissait souvent à désirer, de la chemise rose au pull rayé offert par sa mère pour les fêtes. Non, décidément, professeur n’était pas un poste convenable pour lui. Et pourtant, il persévérait dans cette voie, subissant sarcasmes et railleries, courageux comme pas deux en ce bas monde, se préparant chaque matin à la dure journée qui arrivait, et heureux le soir de rentrer chez ses parents.

Cependant, Mr Guelern avait une passion qu’il poursuivait même pendant ses cours : les jouets ! Combien de fois amena-t-il au lycée ses balles de tennis, son petit chariot, ou même un simple glaçon ? Quelle joie de faire glisser encore et encore ce petit cube de glace ! Et les nombreuses toupies qu’il possédait chez lui ! Quelle merveille de les faire tourner toujours plus vite !

Pourtant, la distraction que pouvaient lui apporter ce hobby ne suffisait pas à calmer sa frustration, et malgré lui, jour après jour, sa jauge de colère se remplissait d’énergie. Vint alors le drame… L’overdrive, l’explosion, la saturation… Instantanément, ses yeux virèrent au rouge, sa voix se fit rauque, et ses muscles apparurent, transformant sa silhouette d’une façon effrayante. Assenant son poing sur la table, il lâcha, devant ses élèves terrifiés, sa sentence favorite : « C’est inadmissible ! ».

La légende raconte que cette crise fut vaine, et que d’autres suivirent… Allez savoir…

 
 
********************

            Il existe en ce lycée une parfaite copie de Mrs Beans, tant par le physique que le mental, un professeur de français, répondant au nom de Mr Vigrel. Immanquablement, sa première rencontre avec ses élèves provoque des vagues de rires insurmontables, tant ses manières exagérées et sa voix fluette lui donnent l’air ridicule. Mais bien souvent, ces rires cessent dès le premier contrôle.

            Mr Vigrel ne perd pas son temps à corriger les copies. Non, ce serait d’une inutilité ! Et d’une absurdité ! Alors qu’il suffit de mettre 12 à tout le monde et d’ajouter ou de retirer des points selon la tête de l’élève ! Dix minutes, et c’est bouclé ! N’exagérons tout de même pas, il prend tout de même soin de mettre quelques traits dans la marge pour laisser penser qu’il a lu attentivement le devoir…

            Heureusement, malgré cet énorme défaut, Mr Vigrel se rattrape auprès des élèves grâce à son côté chaleureux. Il n’hésite pas à interrompre un cours pour s’inquiéter de la bonne réception d’une paire de ski auprès d’un élève, ou encore de s’enquérir de la bonne santé du père d’une autre élève… Tous les prétextes sont bons pour « rigoler » avec ses couics-couics !

            S’il vous arrivait de le croiser par mégarde, je n’aurai qu’un conseil : Fuyez, pauvre fou ! Ou alors rigolez, c’est encore mieux...

par Quadehar publié dans : My life
 

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