Mardi 13 janvier 2009
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Lui, c'est un homme comme les autres, si on peut appeler homme un garçon tout juste majeur. Il a sa personnalité, ses qualités comme ses défauts, ses convictions et ses complexes. Il est doué, du
moins c'est ce qu'on dit ; qu'est-ce qu'être doué ? Il l'ignore. Lui, ce qu'il sait, c'est ce qu'il vit, les désillusions successives qu'offrent la vie, parsemées ici et là de quelques bonheurs
éphémères. Il sait ses principaux défauts et ignore ses qualités. Un homme normal, si du haut de ses dix-huit ans on peut le qualifier d'homme. Lui aussi il rêve, rêve et rêve encore, rêve sa vie
sans vivre ses rêves. Il s'imagine des moments parfaits, pousse l'idéalisme dans ses derniers retranchements - il est toujours trop idéaliste, il le sait - et savoure ces moments qui ne se
réaliseront pas, pour la plupart. Il s'interroge beaucoup, a même l'habitude de repasser dans sa tête les scènes de son passé, sans cesse, cherchant à comprendre, expliquer, interpréter. Et il y
parvient, il comprend son passé mais néglige le présent. A ce niveau là, sans doute, ce n'est pas un homme normal - si l'on peut nommer "homme" un garçon de dix-huit ans. Mais qu'importe ? Chacun
ses spécificités. Mais il déduit tant et si bien que chaque chose prend un sens, certaines même qui n'en avaient pas. C'est une de ses forces, mais quelle force possède le passé sur le présent ?
Les philosophes se trompent, apprendre de ses erreurs n'est pas suffisant. Son autre force est complémentaire, il a l'art de l'information. Celui d'être au courant de tout - ou du moins du plus
important -, de savoir relier et utiliser efficacement ces données. Utile pour aider les autres, il n'en profite pas lui-même. Lui, il se cherche un but, une motivation, quelque chose qui
justifierait tout ça, c'est en tout cas ce qu'il se dit dans ses moments de philosophe. Tout le monde les traverse, ces moments, ces instants où toute la sagesse du monde semble nous appartenir,
bien que de sagesse nous n'en portions alors que le poids. On relativise, on se trouve petit face à l'immensité de - qu'en sait-il - le ciel ? l'univers ? Qu'importe, le sentiment est là et on le
vit, on voit les choses sous un nouvel angle, tout est calme, comme hors du temps. Sa motivation, il la trouve parfois, que ce soit une ambition, une envie, ou même une fille - eh c'est un homme
comme les autres ! Ou serait-ce un garçon ? Mais de motivation constante il n'en trouve pas ; il veut c'est certain mais que veut-il ? Il se voit juste et bon, mais comment savoir ? Il s'imagine
gentil, digne de confiance et d'amitié, mais ça ne veut rien dire : chacun se croit bon. Lui en est arrivé à penser que tout le monde l'est effectivement, et jamais encore il n'a remis en
question cette déduction. Il a ses ennemis personnels, mais ceux-ci eux-même ne sont pas méchants ; ils ont leurs propres amis et des caractères incompatibles, voilà tout. Il prête une grande
valeur à l'amitié, mais tous ne lui rendent pas, qu'importe ? Il préfère s'occuper des autres ; c'est un homme ordinaire somme toute - ou bien est-on encore un garçon juste après sa majorité
?
Lui, il s'interroge encore et encore. Fait-il les bons choix ? Quelles en seront les conséquences ? Est-il ce qu'il voudrait être ? Parfois oui, souvent non. Il est dépassé par ce qu'il vit, il
voudrait s'échapper, trouver un moyen de vivre simplement. Mais n'a-t-il pas pris goût à cette vie compliquée, à se jouer des intrigues insignifiantes qui s'y trament tant et plus, à manipuler
toujours plus efficacement les informations ? Peut-être, il ne sait pas trop ; il aspire tout de même à une vie toute simple emplie de bonheur. Sans aucun cliché ; lui il a horreur des clichés,
autant dire qu'il les évite tant qu'il peut - il n'aurait pas dû parfois. Regrets. A vivre dans le passé, lui il en a. Des légers, des profonds, des scènes qu'il aurait aimé n'avoir jamais
vécues, d'autres qu'il déplore mais jure nécessaires ; c'est que celles-là ont influencé sa vie, et qu'il y tient à son histoire, tous les hommes y tiennent ! Mais peut-être est-il toujours un
garçon ? Qu'est-ce qu'un garçon ? Qu'est-ce qu'un homme ? Lui, encore, il se pose cette question, elle tourbillonne dans sa tête. Lui, il prend le couteau qui est posé non loin sur son bureau, ce
couteau gravé de son nom dont il est si fier du tranchant. Perdu dans ses pensées, il fixe le reflet argenté qui lentement s'approche de lui, puis qui s'éloigne de nouveau, en direction de son
poignet gauche. Le soleil s'y reflète de façon presque hypnotique, irisant la peau de reflets mordorés. Lui les contemple, suit leur course, joue avec. La lame descend de nouveau, jusqu'à toucher
la chair, exercer une pression, là, juste au-dessus des veines qui ressortent. La voilà qui glisse silencieusement sur toute la largeur de la peau, traçant un fin sillon blanc, avant de se
relever, comme se relèverait un rideau sur la scène finale. Lui, il sourit doucement. C'est que le sillon ne virera pas au rouge, il n'a pas appuyé assez pour entailler la peau ; il n'y a même
jamais songé : il pense à tout autre chose. Les hommes ne redeviennent-ils pas tous garçons devant la mort ?
Chapeau Bas...
en tt cas bravo !
J'ai plaisir te lire, à travers les explorations de ta chrysalide.
Personne ne suit ce chemin dans la facilité, mais il faut poursuivre - je reviendrai :)
Continu a écrire!!!:-)
Merci pour ton compliment et pour l'offre, mais je crains de n'avoir largement pas assez de trafic pour qu'un tchat soit utile ;)
Je te souhaite une bonne continuation. "passe me voir sur mon site dès que tu le desir" ;) Bonne journée
Si j'ai bien compris ton commentaire, tu penses qu'affirmer qu'on redevient enfant devant la fin est trop général ? Ce texte est en fait une sorte de "bilan" de mon état d'esprit à un moment particulier de ma vie, de toutes les pensées qui m'agitent, les réflexions - parfois futiles, insignifiantes - et les grandes questions que je me pose. Cette dernière phrase est aussi à considérer comme une réflexion que je me fais, une hypothèse que je me pose à moi-même.
Je te remercie pour avoir pris le temps de me lire et pour ces compliments ; j'ignore si j'ai un vrai talent (cela m'étonnerait en fait), mais j'aime en tout cas bien écrire, et c'est le principal !
Si je puis me permettre de "rajouter" un petit quelque chose, je dirais que lui, c'est l'inconnu du lendemain qui le fait vivre. Il se dit que ça ne peut pas être pire qu'hier.
;)
Crise dans l'humanitaire : après le tremblement de terre de la semaine dernière qui a détruit une grande partie du pays , nous constatons qu'un pays géré par des "communautés" est incapable de faire face à une situation d'exception .
Et de plus,les Français ne s'y sont pas trompés : un sondage CDA publié de façon très furtive annonce que 61 % fes Français consultés ne donneraient pas pour HAÏTI.C'est une crise de confiance tout à fait naturelle.
Nous constatons la faillite des organisations humanitaires qui prétendent remplacer les structures d'un pays qui n'est ni une nation,ni un Etat et où l'emprise des religieux catholiques ou des religieux des sectes évangélistes américaines est considérable.Une organisation humanitaire ne peut être qu'un appoint temporaire et rien d'autre.
Nous y retrouvons les mêmes ingrédients qui ont déclenchés les émeutes en Côte d'Ivoireil y a quelques années.
Cette fois-ci ,ce seront les Américains qui vont y mettre bon ordre en occupant le pays,d'abord avec 10 000 soldats ( et+ ? ) en s'appuyant sur les sectes américaines déjà présentes.
Ils risquent d'y rester 20 ans,comme en 1915,lors de leur dernière occupation massive.
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16 janv. 2010 ... à 61% déclarent qu'ils ne feront pas de don pour Haïti et ces deux mômes qui se ... Thierry Ardisson, présentateur de Salut Les Terriens sur Canal+, .... Royal avec 33% contre 27% d'intention de vote (sondage CSA). ...
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