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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 20:43
Lui


Lui, c'est un homme comme les autres, si on peut appeler homme un garçon tout juste majeur. Il a sa personnalité, ses qualités comme ses défauts, ses convictions et ses complexes. Il est doué, du moins c'est ce qu'on dit ; qu'est-ce qu'être doué ? Il l'ignore. Lui, ce qu'il sait, c'est ce qu'il vit, les désillusions successives qu'offrent la vie, parsemées ici et là de quelques bonheurs éphémères. Il sait ses principaux défauts et ignore ses qualités. Un homme normal, si du haut de ses dix-huit ans on peut le qualifier d'homme. Lui aussi il rêve, rêve et rêve encore, rêve sa vie sans vivre ses rêves. Il s'imagine des moments parfaits, pousse l'idéalisme dans ses derniers retranchements - il est toujours trop idéaliste, il le sait - et savoure ces moments qui ne se réaliseront pas, pour la plupart. Il s'interroge beaucoup, a même l'habitude de repasser dans sa tête les scènes de son passé, sans cesse, cherchant à comprendre, expliquer, interpréter. Et il y parvient, il comprend son passé mais néglige le présent. A ce niveau là, sans doute, ce n'est pas un homme normal - si l'on peut nommer "homme" un garçon de dix-huit ans. Mais qu'importe ? Chacun ses spécificités. Mais il déduit tant et si bien que chaque chose prend un sens, certaines même qui n'en avaient pas. C'est une de ses forces, mais quelle force possède le passé sur le présent ? Les philosophes se trompent, apprendre de ses erreurs n'est pas suffisant. Son autre force est complémentaire, il a l'art de l'information. Celui d'être au courant de tout - ou du moins du plus important -, de savoir relier et utiliser efficacement ces données. Utile pour aider les autres, il n'en profite pas lui-même. Lui, il se cherche un but, une motivation, quelque chose qui justifierait tout ça, c'est en tout cas ce qu'il se dit dans ses moments de philosophe. Tout le monde les traverse, ces moments, ces instants où toute la sagesse du monde semble nous appartenir, bien que de sagesse nous n'en portions alors que le poids. On relativise, on se trouve petit face à l'immensité de - qu'en sait-il - le ciel ? l'univers ? Qu'importe, le sentiment est là et on le vit, on voit les choses sous un nouvel angle, tout est calme, comme hors du temps. Sa motivation, il la trouve parfois, que ce soit une ambition, une envie, ou même une fille - eh c'est un homme comme les autres ! Ou serait-ce un garçon ? Mais de motivation constante il n'en trouve pas ; il veut c'est certain mais que veut-il ? Il se voit juste et bon, mais comment savoir ? Il s'imagine gentil, digne de confiance et d'amitié, mais ça ne veut rien dire : chacun se croit bon. Lui en est arrivé à penser que tout le monde l'est effectivement, et jamais encore il n'a remis en question cette déduction. Il a ses ennemis personnels, mais ceux-ci eux-même ne sont pas méchants ; ils ont leurs propres amis et des caractères incompatibles, voilà tout. Il prête une grande valeur à l'amitié, mais tous ne lui rendent pas, qu'importe ? Il préfère s'occuper des autres ; c'est un homme ordinaire somme toute - ou bien est-on encore un garçon juste après sa majorité ?


Lui, il s'interroge encore et encore. Fait-il les bons choix ? Quelles en seront les conséquences ? Est-il ce qu'il voudrait être ? Parfois oui, souvent non. Il est dépassé par ce qu'il vit, il voudrait s'échapper, trouver un moyen de vivre simplement. Mais n'a-t-il pas pris goût à cette vie compliquée, à se jouer des intrigues insignifiantes qui s'y trament tant et plus, à manipuler toujours plus efficacement les informations ? Peut-être, il ne sait pas trop ; il aspire tout de même à une vie toute simple emplie de bonheur. Sans aucun cliché ; lui il a horreur des clichés, autant dire qu'il les évite tant qu'il peut - il n'aurait pas dû parfois. Regrets. A vivre dans le passé, lui il en a. Des légers, des profonds, des scènes qu'il aurait aimé n'avoir jamais vécues, d'autres qu'il déplore mais jure nécessaires ; c'est que celles-là ont influencé sa vie, et qu'il y tient à son histoire, tous les hommes y tiennent ! Mais peut-être est-il toujours un garçon ? Qu'est-ce qu'un garçon ? Qu'est-ce qu'un homme ? Lui, encore, il se pose cette question, elle tourbillonne dans sa tête. Lui, il prend le couteau qui est posé non loin sur son bureau, ce couteau gravé de son nom dont il est si fier du tranchant. Perdu dans ses pensées, il fixe le reflet argenté qui lentement s'approche de lui, puis qui s'éloigne de nouveau, en direction de son poignet gauche. Le soleil s'y reflète de façon presque hypnotique, irisant la peau de reflets mordorés. Lui les contemple, suit leur course, joue avec. La lame descend de nouveau, jusqu'à toucher la chair, exercer une pression, là, juste au-dessus des veines qui ressortent. La voilà qui glisse silencieusement sur toute la largeur de la peau, traçant un fin sillon blanc, avant de se relever, comme se relèverait un rideau sur la scène finale. Lui, il sourit doucement. C'est que le sillon ne virera pas au rouge, il n'a pas appuyé assez pour entailler la peau ; il n'y a même jamais songé : il pense à tout autre chose. Les hommes ne redeviennent-ils pas tous garçons devant la mort ?
Par Quadehar - Publié dans : Récits
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Commentaires

Bien écrit, je suis tombé sur ton blog par hasard, mais vraiment chapeau, d'arriver à trouver les mots pour exprimer ce que tu ressens d'une manière aussi simple, aussi expressive, aussi imagée, aussi limpide.

Chapeau Bas...
Commentaire n°1 posté par Kévin le 08/02/2009 à 23h20
C'est un récit qui m'a vrmt touché, ça décrit tellement ce que je ressens, ce que je vie... à la fin j'ai vrmt failli croire qu'il allait mourir, ms nn.
en tt cas bravo !
Commentaire n°2 posté par MellO_I le 12/02/2009 à 13h14
Je vois que tu écris encore, peu mais encore ! Un changement s'est glissé, l'ombre de la mue incessante peut-être...
J'ai plaisir te lire, à travers les explorations de ta chrysalide.
Personne ne suit ce chemin dans la facilité, mais il faut poursuivre - je reviendrai :)
Commentaire n°3 posté par Sheernin le 28/02/2009 à 16h30
vas VOIR mon blog une video de moi explique ma demarche humaine peut tu demander a tous de la regarder afin de comprendre mon blog http://michaelconan.over-blog.com/
Commentaire n°4 posté par michael conan le 03/03/2009 à 23h26
je n'ais que 15 ans, je suis une fille mais ton texte me corespond parfaitement a par quelque petit détail mais je comprend la justesse de tes paroles et je pense que toi aussi tu as le même problème que moi que je m'eforce de résoudre mais je ne trouve pas de solution. Pour moi si je résumais ton récit je dirais : "la vien n'est pas un long fleuve tranquille mais des rapides qu'ils faut controler " et moi mon problème c'est que je ne gère pas les rapide.
             Continu a écrire!!!:-)
Commentaire n°5 posté par mout le 18/03/2009 à 21h24
Joli site, puis-je te proposer un t'chat pour ton site afin que tes visiteurs puissent ce rencontrer ?
Commentaire n°6 posté par Riders62 le 07/04/2009 à 18h16
Bonjour,
Merci pour ton compliment et pour l'offre, mais je crains de n'avoir largement pas assez de trafic pour qu'un tchat soit utile ;)
Réponse de Quadehar le 07/04/2009 à 18h22
De rien pour le compliment, c'est normal  ( ok pour la réponse )
Je te souhaite une bonne continuation. "passe me voir sur mon site dès que tu le desir" ;)  Bonne journée
Commentaire n°7 posté par Riders62 le 07/04/2009 à 18h35
Il y a une chose sur laquelle je ne suis pas d'accord: toute personne mise au pied du mur retombe dans l'innocence de la jeunesse et dans la peur de ce qu'elle ne connais pas. C'est une généralité et ton texte semble fondé sur les hommes. Peut être que je me trompe et que tu y pensais mais sans l'écrire auquel cas, je suis désolée d'intervenir et de rajouter mon grain de sel... En tout cas, tu es sans doute l'un des meilleurs futurs écrivains que je connaisse et je te souhaite de réussir car le talent, tu l'as.
Commentaire n°8 posté par pepe aron le 17/04/2009 à 12h23
Bonjour,

Si j'ai bien compris ton commentaire, tu penses qu'affirmer qu'on redevient enfant devant la fin est trop général ? Ce texte est en fait une sorte de "bilan" de mon état d'esprit à un moment particulier de ma vie, de toutes les pensées qui m'agitent, les réflexions - parfois futiles, insignifiantes - et les grandes questions que je me pose. Cette dernière phrase est aussi à considérer comme une réflexion que je me fais, une hypothèse que je me pose à moi-même.
Je te remercie pour avoir pris le temps de me lire et pour ces compliments ; j'ignore si j'ai un vrai talent (cela m'étonnerait en fait), mais j'aime en tout cas bien écrire, et c'est le principal !
Réponse de Quadehar le 17/04/2009 à 12h41
De rien, je pense vraiment que tu as du talent. Et pour ce que tu as dis sur ton état d'esprit, je pense effectivement que c'est une généralité, les gens "normaux" ont peur de la mort. Si tu te poses totues ces questions, c'est peut être que tu ne te connais pas encore toi même. Je fais des hypothèses et je parle comme une vielle philosophe qui serait restée un peu trop longtemps dans une bibliothèque sans voir la lumière du jour, c'est pas tout à fait ça... J'aurais 17 ans dans quinze jours. Et moi comme pleins d'autres gens, j'ai peur de ce qu'il pourrait arriver après. Alors c'est peut être vrai, ou peut être pas. En tout cas, je te donne juste mon avis en passant, parce que ce que tu écris est très intéressant et "moderne" si tu as vraiment 18 ans. Et oui, désolé, j'ai encore oublié de dire bonjour...
Commentaire n°9 posté par pepe aron le 17/04/2009 à 14h56
Très beau texte qui me rappel une personne portant mes vêtements, assis sur ma chaise devant mon ordinateur et en train de poster ce commentaire ^^
Si je puis me permettre de "rajouter" un petit quelque chose, je dirais que lui, c'est l'inconnu du lendemain qui le fait vivre. Il se dit que ça ne peut pas être pire qu'hier.
;)
Commentaire n°10 posté par Phoenix le 04/11/2009 à 16h02

Crise dans l'humanitaire : après le tremblement de terre de la semaine dernière qui a détruit une grande partie du pays , nous constatons qu'un pays géré par des "communautés" est incapable de faire face à une situation d'exception .

Et de plus,les Français ne s'y sont pas trompés : un sondage CDA publié de façon très furtive annonce que 61 % fes Français consultés ne donneraient pas pour HAÏTI.C'est une crise de confiance tout à fait naturelle.

Nous constatons la faillite des organisations humanitaires qui prétendent remplacer les structures d'un pays qui n'est ni une nation,ni un Etat et où l'emprise des religieux catholiques ou des religieux des sectes évangélistes américaines est considérable.Une organisation humanitaire ne peut être qu'un appoint temporaire et rien d'autre.

Nous y retrouvons les mêmes ingrédients qui ont déclenchés les émeutes en Côte d'Ivoireil y a quelques années.

Cette fois-ci ,ce seront les Américains qui vont y mettre bon ordre en occupant le pays,d'abord avec 10 000 soldats ( et+  ?  ) en s'appuyant sur les sectes américaines déjà présentes.

Ils risquent d'y rester 20 ans,comme en 1915,lors de leur dernière occupation massive.

 

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16 janv. 2010 ... à 61% déclarent qu'ils ne feront pas de don pour Haïti et ces deux mômes qui se ... Thierry Ardisson, présentateur de Salut Les Terriens sur Canal+, .... Royal avec 33% contre 27% d'intention de vote (sondage CSA). ...
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Commentaire n°11 posté par Simonne le 18/01/2010 à 11h54
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