Introduction
Ce fut le crépitement des flammes qui le réveilla. Encore ensommeillé, il découvrit l’horreur alentour sans pour autant y croire. Il referma les yeux, et les rouvrit quelques secondes plus tard. Voyant qu’il n’avait pas rêvé, il sortit en sursaut de son lit. Sa maison était en flammes ! Il constata également qu’il était habillé, signe qu’il s’était encore endormi en faisant ses exercices d’algèbre. Son cahier, renversé à côté du lit, lui confirma cette constatation.
Repensant soudainement à sa situation critique, il attrapa instinctivement sa sacoche, cherchant à y mettre le plus d’affaires possible. Puis, il sortit précipitamment de la chambre. Où étaient donc ses parents ? Il se précipita dans leur chambre, devant éviter une partie du mur déjà enflammée. Le spectacle qui parvint à ses pupilles le figea d’horreur. Là, devant lui, le lit parental achevait de se consumer, dégageant une horrible, qui ne pouvait avoir sa source que dans la combustion d’un corps humain. Ou de deux.
Horrifié, il courut comme dans un rêve, descendant les escaliers pour finir par sortir par une fenêtre, car la porte était elle-même dévorée par le feu.
Arrivé à l’air libre, il se rendit compte que toutes les maisons de son village natal subissaient le même supplice. Toutes les chaumières alentours étaient la proie des flammes, qui, dans des crépitements sinistres, achevaient tranquillement de détruire le décors de son enfance.
Il n’eut pas le courage d’en supporter davantage et baissa le regard devant le désastre. Un éclat attira son attention. Une bague. Il se baissa, espérant que celle-ci était celle de son défunt père. Mais ce n’était pas la chevalière finement ciselée qu’il adorait. Sans réfléchir davantage, il la mit dans sa poche et courut se réfugier dans la forêt qui débutait à deux cents mètres de là, hors d’atteinte de la fournaise.
Puis, il sombra dans la béatitude d’une inconscience dépourvue de rêve. Son corps, maintenant privé de volonté, amorça le début d’une chute. Une main le rattrapa.
- Allons mon enfant, il vaut mieux pour toi que tu ne te rappelles de rien. Dors, et laisse ce souvenir de côté. Oublie…
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